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Jeûne Vitalité Expérience

Centre professionnel
de la remise en forme

Qui est responsable de ma santé ?
La santé ou la forme ?

À mon sens, côté physique, la santé relève de l'état de notre organisme à un instant T : l'état de nos cellules, de nos tissus, de nos organes et, plus largement, de l'ensemble des mécanismes qui permettent à notre corps de fonctionner.

Quand l'un d'eux est fatigué, défaillant ou montre des signes de fragilité, nous consultons Médecins, examens divers, diagnostics parfois contradictoires, traitements systématiques, chirurgie éventuellement : nous entrons dans le domaine de la médecine allopathique, toute puissante et dépourvue de toute forme de doute. Bien souvent aujourd’hui, il s’agit d’un parcours du combattant tant notre système de santé s’est indélicatement déshumanisé, tant ses serviteurs se sont auto congratulés et auto proclamés pontes, génies, chefs de service et autres dénominations dépourvues d’humilité.

Nous avons tous été éduqués : consulter même pour un bobo. Ceci dit, la médecine sait aujourd'hui faire des choses extraordinaires. Elle sauve des vies, soigne des infections, répare des traumatismes, accompagne des maladies chroniques et permet à des millions de personnes de vivre avec des pathologies qui auraient autrefois été mortelles.

Mais je me pose une question : où commence la santé et où s'arrête la médecine ?

Parce que si la médecine intervient principalement lorsque quelque chose ne va pas, qui s'occupe de ce qui permet d'éviter que quelque chose n'aille mal ? C'est ici que j'introduis la notion de forme. Parlons tout d’abord de forme physique. À mon sens, la forme physique relève beaucoup plus de nos comportements en matière d’activités physiques oxygénées, d’alimentation, de sommeil, de récupération, d’exposition non durable au stress, d’alternance entre adaptation permanente le jour et de désadaptation reposante la nuit, et enfin surtout de notre capacité à inscrire tout cela dans la durée.

La forme demande de la régularité, de la persévérance, parfois de la volonté et du goût de l'effort. Mais pas seulement. Elle demande aussi de l'écoute. Parce qu'il ne sert à rien de vouloir toujours en faire davantage si l'on ne sait pas écouter les signaux que nous envoie notre corps. Se dépasser, oui. Se maltraiter, non. La forme n'est donc pas nécessairement la performance. Être en forme, ce n'est pas forcément courir un marathon, soulever 100 kilos, avoir 10 % de masse grasse ou faire trois séances de sport par semaine. C'est peut-être simplement pouvoir monter quatre étages sans être essoufflé. Porter ses courses. Être disponible pour jouer avec ses enfants. Marcher plusieurs kilomètres sans souffrance. Se relever facilement du sol. Chuter sans se faire mal. Continuer à avoir envie de bouger à 60, 70 ou 80 ans. Et surtout conserver suffisamment de capacités pour que notre corps reste un allié plutôt qu'une limitation permanente.

La santé n'est donc pas la forme. On peut être malade et relativement en forme. On peut aussi être en parfaite santé apparente et être complètement « hors de forme ».

Un sportif peut se blesser. Une personne atteinte d'une maladie chronique peut avoir une excellente condition physique. Une personne mince peut être sédentaire. Une personne avec quelques kilos de plus peut être très active et très entraînée. La silhouette ne dit pas tout. La performance ne dit pas tout. Et l'absence de symptôme ne dit pas tout non plus. C'est probablement pour cela que la distinction m'intéresse.

La santé décrit davantage un état.

La forme décrit davantage une capacité.

Et cette capacité, contrairement à beaucoup de paramètres biologiques, peut en partie se travailler.

Et la prévention dans tout ça ? Et l’éducation dans tout ça ? C'est peut-être là que nous avons collectivement un problème. Je me permets ici d’introduire une autre médecine : la naturopathie qui repose sur ses deux fondements : éducation et prévention.

Nous sommes très bons pour nous demander : « Qu'est-ce que je vais faire maintenant que je suis malade ? Que vais-je devenir ? »

Mais peut-être moins bons pour nous demander : « Qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui pour préserver mes capacités de demain ? »

La prévention n'a rien de spectaculaire. Elle ne fait pas forcément vendre. Elle ne produit pas toujours un résultat immédiatement visible. Faire une promenade aujourd'hui ne donne pas nécessairement l'impression d'avoir gagné quelque chose. Dormir suffisamment non plus. Manger correctement non plus. Faire du renforcement musculaire quand tout va bien paraît même parfois totalement inutile. Jusqu'au jour où cela ne l'est plus. La prévention, c'est en quelque sorte faire aujourd'hui quelque chose dont on remerciera notre corps demain.

Et dans la tête ? La distinction me semble encore plus intéressante lorsqu'on passe du physique au psychologique.

Là aussi, je séparerais santé mentale et moral.

La santé mentale relève de notre équilibre psychique et, lorsqu'un trouble est présent, nous avons besoin de soins et d'un accompagnement adaptés.

Psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychanalyste, médecin traitant, coach de vie : différents professionnels peuvent intervenir selon les situations. Et il me paraît essentiel de le préciser : avoir un problème de santé mentale n'est pas un manque de volonté.

On ne demande pas à quelqu'un qui souffre d'une fracture de « faire un effort » pour que son os se ressoude. Il devrait en être de même pour certaines souffrances psychiques.

Mais le moral me semble appartenir à un autre registre. Le moral, c'est notre capacité à encaisser. À prendre du recul. À accepter que certaines choses ne dépendent pas de nous. À ne pas laisser un événement occuper toute la place. À nous relever lorsque nous sommes tombés. À recommencer lorsque nous avons échoué. À accepter parfois de changer de direction. Et peut-être surtout à conserver une forme d'élan.

Nous parlons beaucoup de forme physique, mais beaucoup moins de forme morale. Pourtant, je ne suis pas certain que la différence soit si grande. Notre forme physique dépend notamment de notre capacité à utiliser notre corps régulièrement. Notre forme morale dépend peut-être de notre capacité à exercer régulièrement certaines facultés : prendre du recul, supporter la frustration, accepter l'incertitude, faire preuve de patience, créer du lien, entretenir nos relations, profiter de moments partagés, apprendre, rire souvent et beaucoup, nous émerveiller, faire des projets, et parfois simplement continuer le chemin en s’appuyant sur les fondamentaux qui nous sont propres. Cela ressemble étrangement à un entraînement quotidien. On ne devient pas endurant après une seule séance de course.

Pourquoi deviendrait-on résilient après une seule épreuve ? On ne construit pas sa musculature en une journée. Pourquoi construirait-on sa solidité psychologique en une semaine ? Le mental aussi a besoin d'entretien. Mais attention au piège de la volonté. Il y a toutefois une limite à cette réflexion. Dire que nous avons une responsabilité dans notre forme ne signifie pas que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive. La maladie existe. Le handicap existe. Les accidents existent. Les traumatismes existent. La dépression existe. Le vieillissement existe. La génétique existe. Les inégalités sociales existent. Notre environnement agit sur nous. Il peut même modifier l’expression de nos gênes (épigénétisme). Nous ne partons donc pas tous avec les mêmes cartes.

Et surtout, nous ne pouvons pas transformer la santé en compétition permanente.

Il ne faudrait pas remplacer l'injonction : « Sois beau, sois mince, sois performant » par une nouvelle injonction : « Sois sain, sois sportif, sois résilient. » Ce serait simplement changer de costume à la même tyrannie. La forme devrait rester un moyen, pas devenir une nouvelle obligation. Alors, santé ou forme ? Probablement les deux :

La santé, c'est en partie ce que nous recevons, ce que notre organisme nous permet et ce que la médecine peut diagnostiquer, prévenir ou traiter.

La forme, c'est davantage ce que nous entretenons et développons au quotidien.

La santé mentale, c'est notre équilibre psychique et la possibilité, lorsque c'est nécessaire, d'être accompagné et soigné.

Le moral, c'est peut-être notre manière de faire face à ce que la vie met sur notre chemin.

Et puis il y a une dernière dimension dont je n'ai pas encore parlé : le plaisir.

Parce qu'à quoi bon vivre plus longtemps si l'on oublie de vivre ?

À quoi bon être en forme si l'on passe son temps à compter ses calories, ses kilomètres, ses heures de sommeil, ses pulsations et ses performances ?

À quoi bon avoir un corps performant si l'on n'en fait rien ?

La santé ne devrait pas être uniquement une affaire de durée.

La forme ne devrait pas être uniquement une affaire de performance.

Et le moral ne devrait pas être uniquement une affaire de résistance.

Peut-être que le véritable objectif est beaucoup plus simple : avoir suffisamment de santé pour vivre, suffisamment de forme pour en profiter, suffisamment de moral pour traverser les mauvais moments et suffisamment de liberté pour choisir ce que nous voulons faire de tout cela.

C'est peut-être ça, finalement, être en forme.

Pas être invincible.

Être capable de vivre, tout simplement, en commençant par accepter sa réalité, quelle qu’elle soit.

À suivre…