La chaleur est avant tout humaine
Nos corps éprouvent tantôt le chaud, tantôt le froid. Frilosité ou bien chaleur, on parle bien du corps, nous sommes d’accord. Et bien, imaginez-vous que depuis que le progrès existe (mdr), on a oublié de rafraîchir ou de réchauffer les corps. Puisque nous sommes les rois du pétrole (mdr) et que ledit pétrole profite de réserves inépuisables (mdr), nous avons climatisé maisons, stades et même rues, au Qatar par exemple ; nous nous sommes également mis à chauffer maisons, parkings et même terrasses. Ne serait-on pas quelque peu idiotement incohérents ? Ne devrions-nous pas chauffer ou refroidir les corps plutôt que de dépenser des fortunes et de polluer outrageusement en chauffant ou refroidissant les volumes dans lesquels les corps s’expriment ?
Lorsque le corps a toujours trop chaud ou trop souvent trop froid (notamment au niveau des pieds et des mains), alors que les autres autour de nous vont bien, il faut avant toute chose vérifier l’état de sa thyroïde : celle-ci joue un rôle de “thermostat” du corps : elle régule la vitesse à laquelle l’organisme fonctionne et ajuste le niveau d’énergie du corps : production de chaleur corporelle, consommation d’oxygène, dépense énergétique au repos, fréquence cardiaque, force des battements du cœur, niveau d’énergie et de fatigue, activité cérébrale, concentration, transit intestinal, renouvellement cellulaire, qualité de la peau, des cheveux et des ongles.
- Si le thermostat est trop bas = hypothyroïdie → tout ralentit : muscles, cerveau, cœur. Le sommeil n’est pas réparateur Fatigue persistante, manque d’élan, impression d’être “au ralenti”. Sensation de froid, surtout aux mains et aux pieds. Prise de poids. Constipation. Peau sèche, cheveux fragiles
- Si le thermostat est trop haut = hyperthyroïdie → tout s’accélère, le moteur tourne trop vite. Fatigue aussi, mais liée à l’épuisement et à l’agitation. Sensation de chaleur. Nervosité, agitation, palpitations. Amaigrissement malgré un appétit normal ou augmenté. Transpiration excessive
Certaines personnes semblent osciller entre hypo et hyperthyroïdie. On parle alors de thyroïdite lorsque “la glande papillon” s’enflamme. Selon sa cause, la thyroïdite peut être transitoire ou durable. Elle peut entraîner une phase d’hyperthyroïdie (excès d’hormones) puis parfois une hypothyroïdie (manque d’hormones).
Avant de se prénommer Hashimoto ou Basedow, cet affolement glandulaire laisse apparaître fatigue, palpitations, variations de poids, frilosité ou nervosité. Le diagnostic repose sur une prise de sang et parfois une échographie. Dans de nombreux cas, l’évolution est favorable avec un suivi médical adapté.
Thyroïdite : idées reçues vs réalité
Ensuite, mettre en oeuvre quelques réformes de vie :
Question alimentation, l’objectif est de ne pas freiner davantage le métabolisme. Favorisez protéines (œufs, poisson, légumineuses), compléments en iode naturel, sélénium (oléagineux), zinc (viande, graines, légumineuses). Concernant l’iode, il est préférable de s’offrir un séjour au bord de l’Atlantique plutôt que de croire qu’en mangeant des huîtres... Ceci dit, si votre palais vous oblige, alors préférez les oursins, bien plus chargés en iode que tout autres coques venant de la mer. Ah les croyances alimentaires !...
Évitez les excès en tous genres.
Pratiquez des activités physiques adaptées et oxygénées en privilégiant la régularité à l’intensité : marche active, vélo doux, natation, renforcement léger, tout cela stimule le métabolisme. L’exercice aide à “réveiller” le thermostat, sans l’épuiser.
Adoptez un rythme de vie équilibré : horaires de sommeil réguliers, exposition à la lumière le matin, évitez le stress chronique car il bloque la conversion T4 en T3.
Chauffer le corps et non un volume. À ce propos et à mon sens, le meilleur des chauffages, quand il s’agit de se glisser dans ses draps, est la bouillotte ou plutôt les bouillottes. Au moins deux : l’une pour les pieds (on ne peut pas s’endormir lorsque les pieds sont froids), l’autre pour le foie-dos-ventre. Je rappelle ici que le foie se trouve sur votre droite.
Et l’alcool dans tout ça ? C’est une idée très répandue, mais non : l’alcool ne réchauffe pas réellement quand on a froid — au contraire, il peut augmenter le risque d’hypothermie. Pourquoi alors a-t-on a l’impression que ça réchauffe (un vin chaud au marché de Noël par exemple) ? L’alcool provoque une dilatation des vaisseaux sanguins proches de la peau. Le sang afflue en surface, ce qui donne une sensation de chaleur et parfois des joues rouges. Ce qui se passe en réalité est tout autre :
- Cette vasodilatation fait que le corps perd sa chaleur plus vite
- La température interne baisse
- Les mécanismes naturels de protection contre le froid (frissons, vigilance) sont atténués.
Résultat : on se refroidit plus rapidement, même si on se sent mieux sur le moment.
Les risques sont l’hypothermie, surtout en extérieur, en montagne ou en mer ou par temps humide, la diminution du jugement : on sous-estime le froid et le danger, l’endormissement, très dangereux par grand froid.
Que faire pour se réchauffer vraiment quand on se trouve pris au piège ? Surtout pas d’alcool
- ● Se couvrir (vêtements secs, multicouches)
- ● Bouger pour produire de la chaleur
- ● Boire une boisson chaude non alcoolisée
- ● Se mettre à l’abri du vent et de l’humidité
- ● Se serrer l’un contre l’autre, à condition d’être deux
- ● Pratiquer un cercle rituel de respiration si vous êtes nombreux
Je reviens sur la pertinence de chauffer un corps plus qu’un volume. Prenons l’exemple du sauna et du hammam. Leurs bienfaits sont nombreux, telle n’est pas la question. Il en existe plusieurs types. Vous allez comprendre.
Le sauna scandinave dit sec chauffe un volume et consomme énormément d’électricité. L’objectif recherché est le choc thermique. Le corps, pour protéger la peau et se protéger lui-même, va transpirer. Durée 15 à 20 minutes, à renouveler une à deux fois quand l’habitude est prise. Choc thermique... no more comment. Choc. Température 90 à 110°C, taux d’humidité de 5 à 15%, selon la quantité de personnes dans le sauna et selon la quantité d’eau froide jeté sur les pierres incandescentes. Que de chocs !
Le sauna scandinave dit humide profite d’un moteur dit combi. Il consomme également énormément d’électricité. Le choc est moins violent car la température idéale est de 60°C avec une hygrométrie de 60%. Une cuve d’eau de 3 litres est placée sous les pierres chaudes et fabrique cette vapeur douce. On peut y rester une 1⁄2 heure, le choc est moins violent que précédemment. Il chauffe également un volume.
Le sauna japonais à infra rouge, contrairement à son homologue scandinave, chauffe le corps du pratiquant et non un volume d’air. Peu gourmand en électricité, on y rentre lorsque 35-40°C s’affichent, on attend patiemment et les résultats sont étonnants. Les effets thérapeutiques sont évidents. La transpiration est maximale à 55°C et le taux d’humidité est de 0%.
Le hammam fabrique une chaleur enveloppante qui traite le volume et le corps. La température maximale est de 55°C et le taux d’humidité est de 100%. La consommation en énergie est faible mais il faut compter une bonne heure pour un gommage soigné au savon noir.
Ces quatres appareils stimulent les glandes sébacées ; on parle de transpiration passive.
Pour chauffer un corps, on peut également solliciter les glandes sudoripares ; on parle alors de transpiration active. Cela revient à mettre le corps en mouvement, à enfiler le bleu de chauffe, à se motiver pour se bouger, à mettre ses chaussures de marche ou de course ou de vélo. Cela s’appelle l’exercice physique. Vous pratiquerez régulièrement la discipline de votre choix. Mais bougez-vous ! D’autant plus que l’activité physique remonte l’énergie de la thyroïde.
Mes recommandations façon leitmotiv : l’essentiel, à mon sens, est de mettre ou remettre de la cohérence dans nos pensées et dans nos gestes quotidiens. Faire tomber nos croyances, bousculer nos résistances au changement, éviter le déni, sortir de nos zones de confort, affronter nos peurs, calmer nos colères, digérer nos tristesses, être soi-même en oubliant les codes sociaux superficiels, réfléchir au pourquoi du comment (analyse stratégique), visualiser la conséquence de nos actes et de nos paroles, revenir à nos fondamentaux, rester fidèle à nos valeurs morales, connaître et comprendre son histoire, se l’approprier pour pouvoir la digérer. Je termine par cette phrase dont j’ignore l’auteur : “dans la solitude, surveille tes pensées ; en société, maîtrise tes paroles”.